28.06.2007

Médiathèque

                               médiathèque

S’il y a bien des pétitions que l’on ne voudra signer sous aucun prétexte, ce sont celles qui mettent l’Etat en demeure d’augmenter la perfusion publique d’un machin assurant la pitance et les loisirs de quelques-uns.

 

Souffrant d’une baisse de sa fréquentation et du nombre de prêts, la Médiathèque de la Communauté Française de Belgique lance un appel à l’aide assorti d’une pétition adjurant le pouvoir communautaire de ne pas lâcher les centres locaux (Verviers et La Louvière, même combat !) et d’assurer la pérennité des discobus qui, de Péruwelz à  Malmedy et de Jodoigne à Virton, répandent la bonne parole parmi les hameaux les plus reculés :

« (…) si notre subside n’augmente pas de manière significative dans l’immédiat, le volume global du personnel risque de diminuer dans des proportions critiques. Et sans doute la Médiathèque devra-t-elle fermer certains centres de prêt et stationnements de discobus. (…) »

 

La complainte tire-larmes des 240 ( !) semi-fonctionnaires devient même parfois carrément obscène :

« Quand nous serons chômeurs, nous ne contribuerons plus à votre bonheur. »

Ces belles âmes ignorent-elles qu’un emploi à vie n’est plus vraiment la règle à notre époque et qu’une bonne recherche d’emploi n’a jamais tué personne ?

Quant au « bonheur » légitime, c’est avant tout celui dont dispose chaque individu de jouir librement du fruit de son propre labeur sans qu’un préposé du fisc vienne abruptement lui réclamer l’obole pour payer le nouveau rideau de scène de l’Opéra de la Monnaie, les 12 nouveaux djembés de la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek ou l’intégrale vidéo-clipée de Michael Youn pour la Médiathèque.

 

Bien entendu, le couplet anti-capitaliste n’est jamais loin :

« Au-delà de chacun d’entre nous, c’est une idée de la culture qui est en danger. Nous ne voulons pas être un maillon du marché mais continuer à proposer une réelle alternative à celui-ci. Nous voulons que la Communauté française et notre public se battent avec nous pour sauver cette idée d’une culture en débat, ouverte sur le monde dans toute sa diversité. »

Comme si le marché, lieu d’échange des biens reflétant les désirs des consommateurs, n’était pas le meilleur garant de cette diversité.

 

Sur son blog, Libergold ne dit pas autre chose :

« L'évolution de la techologie et des moeurs font que la demande pour la location d'oeuvres audio ou audiovisuelles diminue. Comme plus assez de personnes ne fréquentent les Médiathèques, il suffit de diminue l'offre. Soit en fermant les Médiathèques, soit en changeant de business model. Tout cela paraît trop évident. Certains de nos chers concitoyens trouvent qu'au contraire, il faut maintenir en vie une activité qui ne marche plus. Mais avec quel argent ? Avec nos impôts pardi ! »

23:21 Écrit par Thierry dans Général | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : subsides, mediatheque |  Facebook |

Commentaires

Soit zéro neurone , soit membre du FN ou du VB tu es certainement lecteur des faits divers de la DH et comme tous les opposés au mot " culture " au sens large et accessible à tous dans sa plus grande diversité .
Affligeant !

Écrit par : mvb | 01.07.2007

Soit zéro neurone , soit membre du FN ou du VB tu es certainement lecteur des faits divers de la DH et comme tous les opposés au mot " culture " au sens large et accessible à tous dans sa plus grande diversité .
Affligeant !

Écrit par : mvb | 01.07.2007

Je trouve assez saisissant qu'un blog portant comme nom "Bruxelles, ma ville" serve de tribune politique, au lieu de présenter avec neutralité ce qu'est Bruxelles.

Je te conseille vivement l'acquisition d'un punching ball, ou peut-être de faire du jogging tous les matins. Ca évite de s'en prendre à tout le monde pour tout, rien et n'importe quoi.

Écrit par : Laurent Vacca | 01.07.2007

C'est un blog super libéral, faut juste le savoir. Maintenant c'est comique de suivre l'auteur dans ses délires de marché parfait etc... un vrai dieu de l'économie.

Écrit par : Champion | 06.07.2007

Satan m'... Sarkozy, sors de ce blog, je te l'ordonne!!!

Écrit par : Don Amorth | 10.07.2007

"Comme si le marché, lieu d’échange des biens reflétant les désirs des consommateurs, n’était pas le meilleur garant de cette diversité."

J'ai rarement lu une telle connerie !

Écrit par : nooni | 10.07.2007

réponse à un point de vue particulièrement tranché. La liberté de parole et d'opinion est un des privilèges de la démocratie. Respectons cette voix qui tempête avec tant d'ardeur pour la grandeur d'un libéralisme sauvage. J'aimerais remettre quelques-unes des réflexions de monsieur dans un cadre plus juste. La médiathèque est d'abord et avant tout une A.S.B.L. et ses employés non ni le statut de fonctionnaire, ni celui de semi-fonctionnaire. La communauté française subsidie la médiathèque à hauteur de +/- 20% sous diverses formes mais certainement pas en payant les médiathécaires.

Assurer la pitance et les loisirs de quelqu'uns, cela s'appelle dans d'autres milieux assurer la pérénité de la culture et de sa transmission dans la société. La culture est un vecteur social et sociétal indispensable pour une société qui se veut humaine. Oui, les hommes ne sont pas encore les sous-produits d'une statistique mécaniste qui entend exploiter l'homme comme on le fait d'un objet rentable ou pas. Les centre de prêts de la médiathèque sont encore des lieux de rencontres et d'échanges intellectuels, emotionnels et sensibles. Les 240 semi-fonctionnaires, issus de votre imagination morbide, dont vous parlez avec tant de sécheresses sont des êtres humains à part entière et toute personne qui perd son emploi, perd un peu plus que de l'argent. Si vous passiez un peu moins de temps à branler votre haine viscérale de l'autre et peu plus à écouter les autres. Cela vous paraîtrait évident.

Partager, donner, servir,... Des musées, des bibliothèques, des médiathèques, des écoles, ... A quoi donc tout cela peut-il bien servir ? A créer une cohésion sociale, à enrichir l'esprit de chacun pour qu'il devienne autonome et adulte, à rendre un jour ce que la société lui a donné. Parce qu'un créateur, ou un producteur de sens et de savoir ne naît pas du néant ou de sa propre volonté. Il a d'abord reçu, été inspiré par la société. Il a d'abord appris, copié, imité, avant de dépasser le modèle originale en proposant l"effort de sa sensibilité et de son génie personnel. Même vous ! Sauf que vous, vous aimeriez exclure la société de tout ce qu'elle vous a donné pour en être l'unique bénéficiaire, au détriment des autres s'il le faut. Seul compte votre colère dévorante et bien mal inspirée. Cela aussi est le résultat d'une société moribonde qui croit dur comme fer que l'accumulation des biens à titre individuel est la seule chose qui vaille la peine de se lever.

Quant à Michael Youn, vous n'ignorez pas que l'un des objectifs primordiaux de la médiathèque est d'offrir à ses membres ce que votre "merveilleux marché" n'offre plus depuis longtemps. C'est-à-dire de la diversité. Michael Youn n'a pas besoin de nous pour être connu ou reconnu. Votre exemple est particulièrement maldroit. Nous mettons à disposition de la société une collection unique de médiums qui ne passeront jamais à la radio, et encore moins à la télévision. Non pas que cela soit de mauvaises créations, mais cela n'abruti peut-être pas assez l'esprit des hommes. Et surtout le rendement n'est pas la hauteur des gargantuesques appétit du grand marché lucratif de la déculturation des masses.

Ce n'est pas la médiathèque qui est en danger, ni même la culture. C'est la société toute entière qui est en danger. Quand elle n'a plus d'autre vue que de vivre pour produire on ne sait quel bonheur vulgaire et insignifiant, sans ledemain, sans partage, sans rencontre, sans espoir, sans âme.

Sortez votre pistolet monsieur, Goëring n'a pas eu le temps de liquider la culture.

Écrit par : nicolas jean | 24.07.2007

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