07.12.2007
Le phénomène de "gentryfication", bien connu des urbanistes et des journalistes en mal de sujets raccoleurs, revient régulièrement en tête des préoccupations des mandataires publics.
Le TBX interroge cette semaine le spécialiste autoproclamé du sujet, le chercheur Mathieu Van Criekingen, salarié de l'Université "Libre" de Bruxelles.M. Van Criekingen tente d'arracher une larme au lecteur en assimilant l'évolution positive d'un quartier à "la dépossession d'un espace par ses habitants ou ses usagers au profit de groupes plus favorisés, plus aisés".
Discours sans surprise. En 2003, M. Van Criekingen n'évoquait-il pas déjà avec dégoût "les dynamiques de rénovation" qui "contribuent ainsi à aggraver le fractionnement social et spatial de l’espace urbain" et "vont par conséquent à l’encontre d’un modèle de développement urbain socialement équitable"?
Le problème du logement pour les ménages à faible revenus n'est pas dû, rappellons-le, aux "manquements" supposés du marché locatif privé. Si l'on fait le compte des logements vides, vétustes et mal gérés, les parcs de logements sociaux arrivent de très loin en tête du classement. Sans l'offre des bailleurs privés, l'immense majorité des ménages à faibles revenus se retrouveraient à la rue.
La vision présentée ici et là reflète une approche statique d'un phénomène. Elle ne tient compte ni de l'évolution socio-économique des habitants des quartiers concernés et , partant, leur potentiel de mobilité géographique.
Tout d'abord, le profil socio-économique d'un quartier n'est jamais figé et n'a pas à l'être. Des propriétaires qui achètent un bien immobilier dans un quartier défavorisé, le rénovent et le revendent après quelques années
Des propriétaires n'auraient-ils plus le droit de vendre leur bien à qui leur plaît? Et pour quelle impérieuse raison des locataires (dont, rappellons-le, la relation contractuelle avec un propriétaire ne regarde en rien les pouvoirs publics) jouiraient d'un droit de résidence ininterrompu dans une zone déterminée?
Ce que fait M. Van Criekingen, ce n'est rien d'autre que de mettre en avant l'un de ces droit-créances issus d'un positivisme juridique tentaculaire, à savoir le "droit au" logement. C'est le genre de "droit" qu'il est toujours difficile d'opposer à une tierce partie en l'absence de faute.
On se concentre sur des quartiers dont les transformations se sont faites sur base purement contractuelle, donc volontaire (mais qu'à-t-on à y redire?). On s'épanche par contre beaucoup moins sur la situation catastrophique du quartier du Midi, où quantité de petits propriétaires furent expropriés sans ménagement sur décision des pouvoirs... publics.
Il faut être marxiste ou social-démocrate pour encore croire aux vertus de la planification en matière de logement.
C'est un mépris pour le droit naturel de propriété qui est martelé
21:18
Écrit par Thierry
dans Général |
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