16.12.2007
Plan-logement pour tous

Le phénomène de "gentryfication", bien connu des urbanistes et des journalistes en mal de sujets racoleurs, revient régulièrement en tête des préoccupations des mandataires publics.
Le TBX interrogeait dans son édition du 6 décembre le chercheur Mathieu Van Criekingen, spécialiste "reconnu" du sujet et salarié de l'Université Libre de Bruxelles.
Le docteur en science géographique tentait d'arracher une larme au lecteur en assimilant l'évolution positive de certains quartiers bruxellois à "la dépossession d'un espace par ses habitants ou ses usagers au profit de groupes plus favorisés, plus aisés". En 2003 déjà, M. Van Criekingen évoquait avec un dégoût certain "les dynamiques de rénovation" qui "contribuent à aggraver le fractionnement social et spatial de l’espace urbain" et "vont par conséquent à l’encontre d’un modèle de développement urbain socialement équitable".
"Modèle socialement équitable" ? Il faut vraiment être marxiste ou social-démocrate pour encore croire aux vertus de la planification en matière de logement. Cette conception repose sur une vision archaïque et totalitaire qui méprise le droit naturel de propriété et entend résoudre tous les problèmes par la coercition d’Etat.
Régulièrement mise en avant ici et là par de nombreux politiciens démagogues et quelques « chercheurs » plus idéalistes que scientifiques, elle reflète une approche par trop statique des évolutions du milieu urbain car elle ne tient compte ni des changements dans le profil socio-économique des habitants des quartiers concernés (c’est bien connu : l’ascension sociale est un mal et le pauvre doit rester pauvre, sa docilité en est d’autant plus garantie) ni du potentiel de mobilité géographique de leurs habitants.
Des propriétaires qui achètent un bien immobilier dans un quartier défavorisé, l’occupent et/ou le rénovent puis le revendent avec une plus-value, quoi de plus normal ? Un particulier n'aurait-il plus le droit de céder son bien à qui lui plaît ? Et pour quelle impérieuse raison un locataire (dont, la relation contractuelle avec son propriétaire ne regarde en rien les pouvoirs publics) jouirait, comme le laisse sournoisement supposer M. Van Criekingen, d'un droit de résidence ininterrompu dans une zone déterminée ?
M. Van Criekingen se concentre systématiquement sur des quartiers dont les transformations se sont faites sur des bases purement volontaires. Il ne fait par contre aucun cas des quartiers bruxellois qui se délabrent depuis plus de 20 ans et aborde rarement la situation catastrophique du quartier du Midi, où quantité de locataires et de petits propriétaires privés furent expulsés sans ménagement de leur logement sur décision des pouvoirs publics qui ont géré ce dossier de façon scandaleuse.
Il semble bien que cette sélectivité dans l’indignation touche à l’idéal sociétal du chercheur et de ceux qui financent ses travaux: égalité pour tous dans la pauvreté !
Par ses jérémiades, M. Van Criekingen ne fait rien d'autre que de porter au pinacle un hypothétique droit au logement, improbable droit-créance fruit du positivisme juridique tant en vogue dans nos belles sociétés post-modernes. Une belle fumisterie que cette approche : de faux droits, que l’on serait bien en mal de définir de façon intelligible, sont en effet impossible à opposer à un tiers étant donné l’absence de toute faute déterminée. Mais, dans ce pays de cocagne, on n’en est plus à une contradiction près…
21:38
Écrit par Thierry
dans Général |
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